Autour des Îles : le golfe du Saint-Laurent

Bordé par cinq provinces canadiennes, le golfe est un large bassin qui communique avec l’océan Atlantique et dans lequel se jette le fleuve Saint-Laurent. Ses propriétés physiques le rendent unique en son genre.

Fonds marins

Tapissé de sable, de vase et de gravier, le plancher du golfe est formé de plateaux et de fosses profondes. Parmi ces dernières, la plus imposante est le chenal Laurentien, une vallée longue de 1240 km et atteignant 550 m de profondeur. Les îles de la Madeleine sont situées au centre d'une large plate-forme délimitée au nord par ce chenal et couvrant la partie sud du golfe. La hauteur d'eau y dépasse rarement 80 m et les hauts-fonds près de l'archipel sont à moins de 50 m de profondeur, entrecoupés d'affleurements rocheux. De nombreux naufrages survinrent d'ailleurs près des Îles, alors que les vents entraînaient les bateaux près des côtes.

Masses d’eau

Les masses d’eau de densités différentes (température et salinité distinctes) se mélangent peu. Ainsi, trois strates se superposent dans le golfe. 

  • Eaux superficielles (0 à 30-50 m) : températures entre 5 et 20 °C, salinité de 30 grammes de sel par kilogramme d'eau de mer (g/kg).
  • Eaux intermédiaires glaciales (30-50 m à 125 m) : températures entre -1 et 2 °C, salinité autour de 31 g/kg. Cette strate intermédiaire résulte de la formation des glaces en hiver : composées principalement d'eau douce, les glaces, en se formant, laissent sous elles de l'eau plus salée et très froide. Plus dense que l'eau de surface, cette masse d'eau s'enfoncera jusqu'à ce qu'elle atteigne la strate d'eau profonde plus salée, sur laquelle elle se déposera.
  • Eaux profondes (plus de 125 m) : températures entre 4 et 6 °C, salinité de 35 g/kg.

Courants marins

CourantsGolfe_RobertBoucherDans le golfe, de nombreux courants sillonnent les côtes et les fonds, plongent ou remontent en fonction du relief. L'eau ne s'écoule donc pas massivement vers l'océan. De manière générale, les courants de surface sont générés par le déplacement de l'eau douce provenant du fleuve et d'autres cours d'eau. Celle-ci flotte sur l'eau salée et se dirige vers l'océan. Quant aux courants de fond, ils sont engendrés par l'eau de l'océan Atlantique qui pénètre en profondeur. Autour des Îles, on observe un courant rotatif de sens antihoraire influencé par le Courant de Gaspé qui provient du fleuve Saint-Laurent.

Près des côtes des Îles, près de la moitié des courants de surface, jusqu’à 40 mètres de profondeur, sont générés par les vents locaux.

Marées

Les oscillations du niveau marin sont provoquées par l'attraction de la lune et du soleil. La marée se propage de façon rotative à partir d'un point précis nommé amphidromique et son amplitude augmente à mesure qu'on s'en éloigne. Dans le golfe, ce point étant situé à 50 km à l'ouest des îles de la Madeleine, l'amplitude moyenne des marées dans l'archipel est la plus faible de tout le Saint-Laurent, soit 0,60 m.

Pour ces mêmes raisons, le cycle des marées se trouve également modifié aux environs des Îles. Alors que sur les côtes du Saint-Laurent on ne retrouve que des marées de type semi-diurne (2 cycles/jour), la partie nord des îles de la Madeleine est sujette à des marées de type diurne (un seul cycle/jour), tandis que le reste des côtes madeliniennes reçoit à la fois les types diurne et semi-diurne.