L'énergie aux Îles-de-la-Madeleine

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Production d'énergie sur l'archipel

La société d’état Hydro-Québec exploite, aux quatre coins de la province, 24 centrales thermiques qui répondent aux besoins énergétiques d’une quarantaine de communautés trop éloignées du réseau principal pour y être raccordées. La plus puissante de ces centrales est celle des Îles-de-la-Madeleine, desservant plus de 15,000 personnes. Située à Cap-aux-Meules, sa production d’électricité est assurée par six moteurs diesel, chacun étant relié à un alternateur générant 11,2 mégawatts (MW); ce type de centrale ne comporte pas de turbine. Une deuxième centrale de 1,2 MW dessert aussi l’île d’Entrée.

Historique de la consommation d’énergie aux Îles

À la fin du 19e siècle, la forêt ne suffisait plus aux besoins d’une population grandissante et aux exigences du transport maritime et de la pêche commerciale. Pour répondre aux besoins locaux, on importa alors du charbon de l’île du Cap Breton. Plus tard, en 1953, les coûts d’approvisionnement incitèrent le monde des affaires, avec l’aide d’un prêt de l’Office d’électrification rurale, à doter l’archipel d’une coopérative d’électricité et d’une petite centrale thermique de 0,5 MW. L’importation des barils de pétrole et l’efficacité de ce carburant présentaient alors de nets avantages sur le charbon.

C’est en 1964, lors de la nationalisation de l’électricité au Québec, que la société Hydro-Québec fit l’acquisition de la centrale thermique des Îles. Au cours des années suivantes, on la dota de nouveaux groupes de moteurs afin de répondre aux besoins grandissants. Vers la fin des années 80, après que la demande ait augmenté de 30 % par année pendant 10 ans, la centrale atteignit sa fin de vie utile. Hydro-Québec devait trouver une solution de rechange ; il fallait notamment considérer les besoins liés à l’implantation de la mine de sel à Grosse-Île. Après avoir exploré quelques solutions (câbles reliant l’archipel au continent, développement de l’énergie éolienne, etc.), Hydro-Québec opta pour l’agrandissement de la centrale existante. En 1991, la compagnie inaugurait sa nouvelle centrale thermique au mazout, d’une puissance totale de 67,2 MW. À ce jour, plus de 75 Madelinots y travaillent de façon permanente.

Développement éolien

La centrale thermique des Îles utilise en moyenne 35 millions de litres de mazout par année. Ces données impressionnantes invitent à réfléchir aux impacts et aux coûts liés à l’utilisation d’une ressource non renouvelable et relativement très polluante.

En mars 2007, la municipalité réalisait une consultation publique sur le développement de l’énergie éolienne aux Îles. Dans le cadre de ces consultations, une majorité de la population madelinienne s’est dite favorable à un projet de développement éolien, soulignant qu’un tel développement assurerait une sécurité d’approvisionnement énergétique. Les Madelinots soulignèrent néanmoins l’importance d’assurer la quiétude des habitants ainsi qu’une « intégration acceptable des éoliennes dans le paysage ».

Au cours de l’année 2009, Hydro-Québec, en partenariat étroit avec la municipalité des Îles-de-la-Madeleine, lancera un premier appel d’intérêt pour un projet de parc éolien de 5 MW dans l’archipel. Deux éoliennes de 2,3 MW seraient placées à la Cormorandière – site de la première éolienne érigée en 19771 - et couplées avec la centrale thermique. Les éoliennes devraient tourner au plus tard en 2011. La coopérative de solidarité en énergie renouvelable des Îles-de-la-Madeleine (SERIM) envisage de répondre à cet appel.

Efficacité énergétique

Le coût de production de l’électricité à partir du mazout est de quatre à cinq fois plus élevé que les revenus générés par la tarification locale2. Hydro-Québec développe depuis 1980 un programme visant la réduction de la demande. L’entreprise a mis sur pied un service d’assistance et de conseils pour l’isolation des maisons, la conversion des systèmes de chauffage électrique vers le chauffage à l’huile, ainsi que le remplacement, l’entretien et le dépannage des systèmes. Ces mesures permettent aujourd’hui de contenir l’augmentation de la demande énergétique à 2 % par année.

En 2007, Hydro-Québec a également lancé et mis sur pied un programme qui permet aux client ayant rempli leur diagnostic résidentiel « Mieux consommer » de recevoir gratuitement des conseils personnalisés et des produits écoénergétiques leur permettant de diminuer leur facture d'énergie. Depuis le début du programme, tous les produits remis et installés chez les clients proviennent des détaillants locaux. Pour chaque questionnaire rempli, Hydro-Québec verse un montant à la collectivité, pour la réalisation du Mémorial des marins et pêcheurs disparus en mer.

Rappelons enfin que d’un point de vue environnemental, la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. À cette fin, les activités de sensibilisation et de mobilisation de la population sont cruciales. Pour combler nos besoins énergétiques, des modes d’approvisionnement alternatifs, moins dommageables pour l’environnement, devront être privilégiés dans les années à venir.

 


1. Les premières recherches québécoises dans le domaine de l’éolien ont eu lieu aux Îles dans les années 70, à la suite de la crise pétrolière. La Société d'État s'est associée au Conseil national de recherche du Canada pour ériger la première éolienne de 230 kilowatts à axe vertical de 40 mètres aux Îles de la Madeleine. L'éolienne a été assemblée en 1977 sous la supervision d'Albert Watts : « Après ça, elle est tombée malheureusement en 1978 parce que les freins aérodynamiques fonctionnaient mal. Ils avaient oublié de mettre les contrepoids. ». L'éolienne a été reconstruite et le prototype a été en service jusqu'en 1985. La grande éolienne d'Arieu, comme elle avait été baptisée, est encore en place au site de la Cormorandière à Havre-aux-Maisons.

2. Les madelinots paient leur électricité au même tarif que les consommateurs raccordés au réseau de production hydro-électrique.