Quand marcher sur les dunes devient aussi excitant et troublant que de marcher sur la lune…

Cap-aux-Meules, le 8 septembre 2009 – Samedi dernier, le premier groupe du projet J’y mets mon grain de sable, prenait contact avec l’univers caché des dunes de la plage de la Martinique et collaborait à leur consolidation.

Les dix-sept participants, rassemblés autour d’un même intérêt, soit travailler à ralentir l’érosion, se sont laissés guider à travers les dunes, comme les explorateurs d’un nouveau monde, par les trois animateurs d’Attention FragÎles. Car bien que citoyens des Îles et visiteurs côtoient les dunes à tous les jours, sur les routes ou pour le plaisir des sens, pour les bienfaits de la marche et de la baignade ou pour l’exaltation des escapades en VTT et en camion, les dunes restent peu connues et reconnues pour les rôles importants qu’elles jouent sur le territoire des Îles.

Saviez-vous, par exemple, que sans les dunes il n’y aurait pas de lagunes, donc pas de plans d’eau intérieurs où batifolent toute une faune et toute une flore qui font entre autres la joie des cueilleurs de pomme de pré et des chasseurs de sauvagines ? En effet, les dunes ont permis la formation des lagunes et empêchent aujourd’hui l’eau salée et le sable de contaminer en trop grande quantité ces riches écosystèmes.

Les participants de samedi, amis et parenté, ont pu donc voyager de l’origine des dunes à aujourd’hui, découvrant au passage comment elles se stabilisent, leur dynamique dans le cycle des saisons, pourquoi leur sable chante sous nos pas et quelles sont les bêtes et autres choses vivantes qui les habitent. Après ce voyage, maintenant que les participants étaient prêts à aimer corps et âme les dunes pour leur beauté et leur complexité, il était temps d’entrer dans le vif du sujet : l’érosion aux îles, ces causes et les solutions possible.

L’érosion naturelle, l’érosion due aux changements climatiques et un survol des solutions mises en place pour les contrer ont été abordées. Mais ce sont surtout l’érosion due aux activités humaines et les solutions possibles à hauteur d’homme qui ont été touchées dans l’activité. Par exemple, les participants ont pu construire des capteurs de sable et planter de l’Ammophile à ligule courte pour combler une brèche dans la dune qui s’était formée suite aux passages à pied des amateurs de plage.

Le foin de dune qui joue un rôle primordial dans la stabilisation du sable de la dune est effectivement très sensible au piétinement des marcheurs et de la circulation motorisée. La mort du plant libère le sable qui est emporté par le vent. Ainsi, un simple sentier pédestre devient peu à peu une brèche qui canalise le vent et permet au sable d’envahir la route 199, dans le cas de la plage de la Martinique.

C’est donc le cœur plein du sentiment du devoir accompli, que les participants de ce premier groupe ont quitté la plage. Ils ont maintenant l’œil attentif à voir les dunes autrement et l’oreille exercée à comprendre leur langage.

Plus de sept groupes scolaires et plus de quinze groupes formés de familles, d’amis ou d’employés vivront cette expérience au cours des mois de septembre et d’octobre et contribueront ainsi à atténuer l’érosion des dunes. Dès le printemps prochain, des panneaux d’interprétation sur l’érosion et les travaux effectués (avec les photos des groupes participants) seront installés dans les stationnements des plages où il y a eu intervention. De plus, chaque printemps et chaque automne pour les trois prochaines années, Attention FragÎles effectuera des relevés scientifiques sur les sites pour mesurer l’impact des interventions. Un entretien des capteurs de sable et des plantations sera également fait. Ainsi chaque automne, les participants recevront des nouvelles par courrier électronique de l’état du site sur lequel ils sont intervenus.

Il est toujours temps de former des groupes de dix à quinze personnes et de se joindre à l’équipe d’Attention FragÎles pour une activité J’y mets mon grain de sable. Pour inscription et information, veuillez nous contacter au 418-986-6644. Parce que marcher sur les dunes peut être effectivement aussi excitant et troublant que de marcher sur la lune…

Ce projet est réalisé, en partie, à l’aide d’une contribution du programme Interactions communautaires (le financement de ce programme conjoint, lié au Plan Saint-Laurent pour un développement durable, est partagé entre Environnement Canada et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec) et avec le soutien de la Fondation de la faune du Québec , du Programme d'intendance de l'habitat des espèces en péril du gouvernement du Canada et de Mountain Equipment CO-OP; ainsi qu’avec la collaboration de la municipalité des Îles, du Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières (UQÀR), du Comité ZIP des Îles, du Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes et de CFIM, le son de la mer.

Fondé en 1988 par un mouvement citoyen, Attention FragÎles œuvre à rallier la population, les acteurs du développement et les visiteurs à l’objectif de garantir la qualité et la pérennité de l’environnement naturel madelinot, prémisse d’un milieu de vie de qualité pour tous.

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Source :
Katia Grenier, coordonnatrice du projet J’y mets mon grain de sable
Attention FragÎles
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