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Nouveau programme d’évaluation environnementale stratégique pour les hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent : une grande déception

Cap-aux-Meules, le 4 août 2009. Le nouveau programme d’évaluation environnementale stratégique (EES) dédié à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent et dans son estuaire, annoncé par la ministre québécoise des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), Nathalie Normandeau, peut paraître rassurant à première vue, mais semble mener inexorablement au forage des fonds marins. Le programme annoncé prévoit certes des consultations publiques, mais celles-ci seront réalisées avant que les études d’impacts puissent révéler aux citoyens les enjeux liés à l’ensemble des projets d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures. De plus, les consultations sont morcelées en quatre secteurs distincts, ce qui ne permettra pas de se positionner sur la globalité des impacts. On prévoit également la possibilité d’exclure des projets d’exploration des zones de façon permanente ou pendant des périodes particulières, afin d’assurer le respect de l’environnement. Pourtant, les déversements de pétrole en milieu marin, pour ne citer que cet impact courant, ne connaissent pas de frontières.

Selon le MRNF, le programme d’EES va plus loin que les recommandations du BAPE présentées dans le rapport portant sur les « Enjeux liés aux levés sismiques dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent », en 2004. Peut-être aurions-nous accueilli plus favorablement ce nouveau programme s’il avait été lancé il y a 5 ans, à la suite du rapport du BAPE. Mais les enjeux environnementaux ont évolué et notre opinion à ce sujet aussi :

« Cinq ans se sont écoulés depuis le rapport du BAPE. Déjà, à l’époque, les changements climatiques étaient jugés préoccupants. Ils sont maintenant universellement jugés alarmants. Nous attendons de nos gouvernements qu’ils mettent tout en œuvre, sans plus tarder, pour trouver des alternatives viables et durables aux énergies fossiles. Vouloir forer dans le golfe du Saint-Laurent, quand on connaît les impacts inhérents et, disons-le, souvent inévitables liés à ce type d’industrie, ça n’a rien d’avant-gardiste et c’est hautement préoccupant, malgré ce que peut contenir le meilleur des programmes d’évaluation environnementale stratégique.

La liste des espèces en déclin dans le golfe ne cesse de s’allonger et le rétablissement de celles-ci apparaît de plus en plus incertain. Les îles de la Madeleine doivent vivre encore aujourd’hui, après 40 ans, avec les vestiges de la marée noire contaminée aux BPC de l’Irving Whale. Les Îles subissent déjà les effets des changements climatiques et les scénarios envisagés sont très préoccupants. Ce ne sont pas que les pêcheurs qui sont inquiets ici, mais l’ensemble des citoyens qui le sont aujourd’hui. Et on leur doit bien de mettre en place de vraies solutions durables pour assurer la sécurité énergétique du Québec, sans risquer de compromettre le Golfe et ses précieuses ressources », de préciser Danielle Giroux, présidente d’Attention FragÎles.

La ministre Normandeau prétend cependant qu’ils ne veulent pas exploiter à « n’importe quel prix ». Tout dépend évidemment de l’échelle de tolérance au risque du gouvernement. Nous croyons, pour notre part, que le prix à payer pour puiser des hydrocarbures dans le Golfe sera inévitablement trop élevé et ce, à tous les niveaux.

Dans ce contexte, Attention FragÎles en appelle à une mobilisation des populations côtières certes, mais également de l’ensemble de la population québécoise pour faire collectivement un choix de société capital. Un débat public élargi s’impose : acceptons-nous que les gouvernements investissent des sommes astronomiques et un temps précieux pour explorer, puis forer le Golfe, sachant que ces combustibles permettront un approvisionnement en hydrocarbures pour une période limitée, qu’ils sont une des principales sources de gaz à effet de serre, que les impacts connus et documentés sont nombreux et que les risques cumulés et synergiques sont extrêmement difficiles à prévoir et à mesurer ?

Notre réponse s’impose plus que jamais : nous ne voulons ni d’exploration ni d’exploitation d’hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent.

Nous voulons préserver ce qu’il reste du golfe du Saint-Laurent et nous nous opposons à l’exposer aux multiples risques et aux conséquences inévitables liés à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures en mer.

Nous attendons toujours que le gouvernement mette de l’avant une proposition réellement innovatrice, stratégique et durable.

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Fondé en 1988 par un mouvement citoyen, Attention FragÎles œuvre à rallier la population, les acteurs du développement et les visiteurs à l’objectif de garantir la qualité et la pérennité de l’environnement naturel madelinot, prémisse d’un milieu de vie de qualité pour tous.

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Source : Attention FragÎles
Catherine Denault, directrice
Danielle Giroux, présidente
(418) 986-6644
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www.attentionfragiles.org

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